Ce que c’est
Un inhibiteur de capside — une classe différente de toutes les autres PrEP — formulé pour qu’une injection dure six mois.
Deux fois par an
Le lénacapavir s’injecte sous la peau du ventre, en deux injections lors de la même visite. Il forme un dépôt qui se libère lentement et maintient une concentration protectrice pendant 26 semaines.
Une nouvelle classe
Il bloque la capside, la coque qui protège le matériel génétique du VIH — un mécanisme différent de celui du ténofovir ou du cabotégravir. Une résistance à d’autres molécules de PrEP ne l’affecte donc pas.
Il ne protège que du VIH
Aucun effet sur les autres infections sexuellement transmissibles. Le dépistage reste au programme à chaque visite — ce qui, avec seulement deux visites par an, mérite d’être organisé à part.
À qui il s’adresse
Aux adultes et adolescent·es d’au moins 35 kg exposé·es au VIH par voie sexuelle.
Les essais qui ont conduit à son autorisation ont été menés chez des adolescentes et jeunes femmes cisgenres en Afrique du Sud et en Ouganda, et chez des hommes, des personnes trans et non binaires dans plusieurs pays — une base inhabituellement large pour une PrEP. Il convient particulièrement quand :
Comment se déroule le protocole
Des injections et deux jours de comprimés au démarrage, puis une injection toutes les 26 semaines.
- 1Bilan initialSérologie VIH et charge virale, plus dépistage des IST. Comme pour toute PrEP, démarrer avec une infection non détectée expose à des résistances.
- 2J1 — injection et comprimés927 mg en sous-cutané, en deux injections espacées d’au moins 5 cm, plus 600 mg par voie orale (deux comprimés de 300 mg) le même jour.
- 3J2 — comprimésDe nouveau 600 mg par voie orale. Ce second jour n’est pas facultatif : l’efficacité n’a été établie qu’avec le schéma de charge complet.
- 4Puis toutes les 26 semainesUne injection tous les six mois, avec deux semaines de souplesse avant ou après la date prévue.
Une injection toutes les 26 semaines, comptées à partir de la date de la dernière injection, avec deux semaines de souplesse. Les comprimés ne concernent que les deux premiers jours.
Le délai de protection
Les concentrations protectrices sont atteintes dès J2 — à condition de prendre les comprimés de charge.
- InjectionJ1–J2
- + 6 moisProtection effective — jusqu’à l’injection suivante
Avec les deux jours de comprimés de charge, la protection est acquise dès J2 et se maintient jusqu’à l’injection suivante.
C’est tout l’intérêt des deux jours de charge orale : avec eux, les concentrations protectrices sont atteintes environ deux heures après la dose de J2. Sans eux, l’estimation s’allonge à trois ou quatre semaines. Si vous oubliez les comprimés de J2, prenez-les dès que possible et prévenez l’équipe — c’est le seul endroit du calendrier où un oubli change vraiment la donne.
Ce que l’on sait de son efficacité
Les meilleurs résultats jamais obtenus par une PrEP dans un essai.
Comme pour le cabotégravir, la comparaison se fait avec un comprimé quotidien correctement prescrit : une partie de l’avantage vient donc de l’observance — deux injections par an sont une exigence bien plus basse que 365 comprimés. L’Organisation mondiale de la santé a recommandé le lénacapavir en PrEP en juillet 2025 sur la base de ces résultats.
Effets indésirables
Surtout des réactions au point d’injection, dont des nodules qui peuvent mettre des mois à disparaître.
Le suivi
Un test VIH avant chaque injection — et avec seulement deux visites par an, un dépistage des IST à organiser à part.
Deux visites par an, c’est l’atout et le piège : c’est confortable, mais cela supprime le rythme trimestriel qui repère habituellement les IST sans symptôme. La plupart des services gardent donc le dépistage sur son propre calendrier plutôt que de l’adosser aux injections.
La disponibilité selon votre pays
C’est la section qui compte le plus pour le lénacapavir : autorisation et accès réel sont aujourd’hui deux choses très différentes.
En France, le lénacapavir a une autorisation de mise sur le marché européenne mais n’est pas remboursé, et aucune évaluation en vue d’une prise en charge n’a été publiée. En pratique, il est aujourd’hui quasi impossible à obtenir : il faudrait le payer intégralement, à un prix très élevé. La PrEP orale et le cabotégravir restent les seules options réellement accessibles ici.
Et la PrEP orale, en attendant
La PrEP orale, elle, est gratuite en France — c’est l’option accessible.
Le lénacapavir est très récent : bien qu’il dispose d’une autorisation de mise sur le marché européenne, il n’est à ce jour remboursé presque nulle part en Europe et reste très difficile à obtenir en dehors d’essais cliniques. Nous n’avons pas pu confirmer la situation exacte en Belgique — la PrEP orale reste l’option à privilégier, et un centre de santé sexuelle pourra vous en dire plus.
Et la PrEP orale, en attendant
La PrEP orale, elle, est prise en charge par l’assurance maladie obligatoire en Belgique ( par boîte de trois mois).
Le lénacapavir est très récent : bien qu’il dispose d’une autorisation de mise sur le marché européenne, il n’est à ce jour remboursé presque nulle part en Europe et reste très difficile à obtenir en dehors d’essais cliniques. Nous n’avons pas pu confirmer la situation exacte en Suisse — la PrEP orale reste l’option à privilégier, et un centre de santé sexuelle pourra vous en dire plus.
Et la PrEP orale, en attendant
La PrEP orale est disponible en Suisse ; un centre de santé sexuelle pourra vous expliquer les modalités de prise en charge.
Le lénacapavir est très récent : bien qu’il dispose d’une autorisation de mise sur le marché européenne, il n’est à ce jour remboursé presque nulle part en Europe et reste très difficile à obtenir en dehors d’essais cliniques. Nous n’avons pas pu confirmer la situation exacte en Canada — la PrEP orale reste l’option à privilégier, et un centre de santé sexuelle pourra vous en dire plus.
Et la PrEP orale, en attendant
La PrEP orale est disponible en Canada ; un centre de santé sexuelle pourra vous expliquer les modalités de prise en charge.
Le lénacapavir est très récent : bien qu’il dispose d’une autorisation de mise sur le marché européenne, il n’est à ce jour remboursé presque nulle part en Europe et reste très difficile à obtenir en dehors d’essais cliniques. Nous n’avons pas pu confirmer la situation exacte en Ailleurs — la PrEP orale reste l’option à privilégier, et un centre de santé sexuelle pourra vous en dire plus.
Et la PrEP orale, en attendant
La PrEP orale est disponible en Ailleurs ; un centre de santé sexuelle pourra vous expliquer les modalités de prise en charge.
Retard, arrêt, changement
Deux semaines de souplesse ; au-delà, des comprimés hebdomadaires font le relais.
Une injection en retard
Jusqu’à deux semaines avant ou après la date prévue, rien ne change. Si un retard plus long est prévu, un comprimé de 300 mg par semaine fait le relais pendant six mois au maximum, et l’injection reprend dans les sept jours suivant le dernier comprimé.
Une injection manquée
Plus de 28 semaines depuis la dernière injection sans relais oral impose de reprendre le schéma d’initiation complet — injection plus deux jours de charge.
Arrêter
La molécule décroît sur plusieurs mois : trop faible pour protéger, mais encore présente. Si vous restez exposé·e, une autre PrEP doit démarrer dans les six mois environ suivant la dernière injection.
Questions fréquentes
Ce que l’on demande à propos de l’injection semestrielle.
Pourquoi des comprimés en plus, si c’est une injection ?
Parce que l’injection seule met des semaines à atteindre une concentration protectrice. Les deux jours de comprimés comblent ce délai, et c’est pourquoi le schéma de charge n’est pas facultatif : les essais n’ont établi l’efficacité qu’avec lui.
Où se fait l’injection ?
Sous la peau du ventre — deux injections lors de la même visite, espacées d’au moins 5 cm. Elle est sous-cutanée, et non intramusculaire comme le cabotégravir ; elle ne doit surtout pas être faite dans le derme.
Les nodules sont-ils gênants ?
Ils sont fréquents et le plus souvent sans gravité, mais ils peuvent durer : dans les essais, plusieurs mois ont été nécessaires à leur disparition. Ils deviennent moins fréquents au fil des injections. Tout nodule douloureux ou persistant mérite d’être montré à l’équipe.
Puis-je passer du cabotégravir ou du comprimé au lénacapavir ?
Le passage depuis la PrEP orale est simple : le schéma de charge couvre la transition. Le passage d’un injectable à l’autre n’est pas décrit dans les documents officiels et se gère au cas par cas en consultation.
Pourquoi ne puis-je pas l’obtenir chez moi ?
Autorisation et disponibilité sont deux étapes distinctes. Le lénacapavir est autorisé dans toute l’Union européenne, mais chaque pays négocie ensuite un prix et une décision de remboursement — et plusieurs, dont la France, n’ont pas abouti. La section sur la disponibilité indique ce que nous avons pu confirmer pour votre pays.
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